Les pneus Michelin sont-ils moins sûrs que les pneus Bridgestone?



Nous commençons la semaine avec une statistique intéressante.


Il ne s'agit pas ici de faire de se faire un avis définitif mais de comparer des chiffres bruts sur le nombre de chutes par saison.


Comme le nombre de Gp a augmenté, afficher le nombre total de chutes fausserait le résultat, donc nous allons tenir compte du nombre de chutes en moyenne par grand prix.


Alors il faut aussi pondérer cela par le nombre de pilotes par Gp et finalement, il est équivalent car même si en 2010 et 2011 il n'y avait que 17 pilotes, cela a ensuite beaucoup augmenté grâce aux CRT qui a fait grimper le nombre de pilotes sur le grille à 25.


Pour Michelin, le nombre de pilotes n'a été que de 20 la première saison en 2016 et donc en prenant 2010 à 2015 pour Bridgestone et 2016 à 2021 pour Michelin, nous avons le même nombre de pilotes au total. Il faut tenir aussi compte des pilotes invités mais cela ne fausse pas le résultat.


Et ce que nous pouvons constater c'est une envolée du nombre de chutes à l'arrivée de Michelin en 2016. Certains pourront mettre cela sur le compte du boitier unique mais rappelons nous, la presque totalité des chutes était des pertes de l'avant, donc l'électronique n'est pas responsable de ce type de chutes.


Michelin avait reconnu qu'ils avaient beaucoup d'effort à faire pour concevoir un pneu avant prévisible, les pilotes se plaignant de ne pas sentir la limite comme avec le Bridgestone dont le pneu avant était fantastique.


A l'inverse, Michelin avait amené un pneu arrière supérieure au Bridgestone.


Alors on pourrait aussi rétorquer que la puissance des machines a augmenté, oui mais dans le même temps, les freins se sont améliorés, les fourches, etc... donc tout cela s'annule en grande partie.


Et chiffre étonnant, après une baisse de chutes en moyenne en 2019 (meilleure année pour Michelin), le nombre de chutes en moyenne a augmenté en 2020 et s'est envolé en 2021.


Les plus moqueurs diront que c'est grâce au retour de Marquez.


Mais il est bizarre que 2021 ait vu tant de chutes alors que les motos étaient de simples évolutions des modèles 2020.


La conclusion qui saute aux yeux c'est que Michelin amenant des pneus à la carcasse de plus en plus tendre a beaucoup amélioré les performances mais en contre partie, cela a fait augmenter le risque de chutes.


Voici donc la moyenne de chutes par grand prix de 2010 à 2021 :


Bridgestone :


2010 : 7,4

2011 : 8,7

2012 : 10,3

2013 : 11,4

2014 : 11,4

2015 : 12


Michelin :


2016 : 16

2017 : 17,4

2018 : 15,9

2019 : 11,6

2020 : 12,8

2021 : 15


Moyenne sur les 6 années :


Bridgestone : 10,2


Michelin : 14,8


Donc il n'y a pas photo, ce n'est pas seulement 1 point de moyenne qu'on pourrait expliquer par d'autres facteurs, là il y a presque 5 chutes de moyenne d'écart par grand prix, soit 31% de chutes en + depuis l'arrivée de Michelin.


On peut noter aussi que 2019 a été l'année où le pneu avant Michelin avait l'air le plus sur, aucun pilote n'a dépassé les 20 chutes (maxi 17 chutes par Zarco), très loin des 26 chutes de Crutchlow en 2016 et 25 par Miller la même année, des 27 et 23 chutes de Marquez en 2017-2018.


Dites-nous dans les commentaires si vous pensez aussi que le pneu avant Michelin apporte moins de stabilité aux pilotes et qu'il reste encore imprévisible et si vous n'êtes pas d'accord, qu'est-ce qui peut d'après-vous expliquer cette hausse assez spectaculaire du nombre de chutes depuis l'arrivée du manufacturier français?

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